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Au Château de Montsoreau, Art & Language transforme le portrait en terrain conceptuel jusqu’au 30 juin 2026

Le Château de Montsoreau – musée d’Art contemporain consacre l’exposition Art & Language : Portraits à une question inattendue dans l’œuvre du collectif britannique : la figure, ses usages critiques et ses limites. Le parcours, annoncé du 13 novembre 2025 au 30 juin 2026, s’appuie notamment sur Now They Are II et replace le portrait dans un ensemble de références politiques, artistiques et littéraires.
Une exposition qui déplace l’idée même de portrait
Le Château de Montsoreau – musée d’Art contemporain ouvre au public l’exposition Art & Language : Portraits, consacrée à la présence du portrait dans l’œuvre de Art & Language. Le rendez-vous est annoncé sur la page officielle sous les dates 13.11.2025-30.06.2026, avec une publication datée du 20 août 2026. La proposition est présentée comme la poursuite d’un cycle d’expositions-hommage aux 60 ans de Art & Language.
L’angle choisi est volontairement surprenant : peu de musées peuvent, selon la présentation, se transformer en galerie de portraits tout en se définissant comme un musée d’art contemporain. Cette tension donne le ton de l’exposition. Il ne s’agit pas seulement d’aligner des visages, mais d’interroger ce que le portrait devient quand il passe par les outils de l’art conceptuel.
Un collectif britannique au cœur du projet
L’exposition est consacrée à un groupe d’artistes conceptuels britanniques dont la radicalité a, selon le texte de présentation, sans cesse poussé à redéfinir les limites et le cadre de la production de l’œuvre d’art. Cette précision est essentielle : le portrait y apparaît moins comme un genre classique que comme un motif mis à l’épreuve par une pratique théorique, critique et collective.
Le Château de Montsoreau dispose d’un ancrage particulier pour traiter ce sujet. Sa page d’accueil indique que le musée possède la plus grande collection au monde d’œuvres du mouvement Art & Language. Elle rappelle aussi que le nom Art & Language a été adopté en parallèle avec la création de la revue Art-Language, créée en 1968, et que le mouvement est présenté comme pionnier de l’art conceptuel.
Un musée installé dans un château de Loire
Le cadre ajoute une autre couche de lecture. Le Château de Montsoreau se présente comme un musée d’art contemporain situé dans la vallée de la Loire, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, dans le Maine-et-Loire, sur la commune de Montsoreau, entre Angers et Tours. Cette localisation donne à l’exposition un contexte singulier, entre architecture historique et collection conceptuelle.
Le site du Château de Montsoreau souligne aussi la particularité architecturale du lieu : il s’agit du seul château de la Loire construit dans le lit du fleuve. L’édifice, daté de 1450 dans la présentation, est associé à Jean II de Chambes, premier conseiller des rois Charles VII et Louis XI, ambassadeur à Venise et partenaire de Jacques Cœur.
Now They Are II comme point d’appui
Le parcours s’appuie notamment sur l’œuvre Now They Are II, datée de 2016. La présentation officielle précise qu’elle est composée de plus de huit cents portraits répartis sur 144 feuilles. Ce volume donne à l’exposition un socle concret : le portrait n’y est pas traité comme une image isolée, mais comme une série, une accumulation et une méthode de pensée.
À partir de cette œuvre, le musée réintroduit également des œuvres historiques issues de la collaboration entre Mel Ramsden et Michael Baldwin. La page officielle cite plusieurs figures présentes dans ce voisinage : John Wayne, Jimmy Carter, Ad Reinhardt, George W. Bush et le Coyote de Bip Bip et Coyote. Ces références placent côte à côte culture visuelle, politique et histoire de l’art.

Des portraits liés à la musique et à la performance
La présentation relie aussi certains portraits à la production de l’album Five American Portraits du Red Crayola. Cette indication situe une partie du corpus dans une circulation entre arts visuels et musique, sans réduire Art & Language à une seule catégorie. Le portrait devient alors un point de passage entre image, texte, son et collaboration artistique.
L’exposition mentionne également quinze portraits de Donald J. Trump réalisés pour le script d’une performance du Jackson Pollock Bar. Là encore, le portrait n’est pas présenté comme simple ressemblance. Il rejoint une logique de scénario, de performance et de mise à distance critique, fidèle au rôle que la page attribue aux bases théoriques et littéraires du collectif.
Au-delà des grandes figures de l’histoire de l’art
Le texte officiel insiste sur un point : l’exposition ne présente pas seulement des figures tutélaires de l’Histoire de l’Art. Elle évoque des portraits de lieux, des portraits de paysages, des portraits d’hommes politiques et un autoportrait des membres du collectif déguisés, Art & Language in disguise, daté de 1980. Le mot portrait s’élargit donc à des objets et à des situations qui ne relèvent pas toujours du visage.
Cette extension du portrait repose, selon la présentation, sur des bases théoriques, critiques et littéraires. L’exposition propose ainsi une mise en abîme de la représentation de la figure, avec ses limites et ses attentes. Ce vocabulaire indique que le sujet n’est pas seulement iconographique : il concerne aussi les conditions dans lesquelles une figure peut être produite, reconnue ou contestée.
Une lecture contemporaine de la figure humaine
La page officielle replace enfin l’exposition dans un contexte très actuel. À l’heure des réseaux sociaux et du tsunami incessant de la figure humaine partagée à toute heure et à chaque minute, l’exercice est décrit comme un recentrage du discours sur le portrait. Le musée souligne ainsi un décalage entre la production contemporaine massive des images de personnes et la lenteur analytique d’un travail conceptuel.
Ce décalage donne à Art & Language : Portraits sa portée la plus nette. Dans un lieu qui revendique la plus grande collection au monde d’œuvres du mouvement, l’exposition rassemble des œuvres où la figure humaine, le paysage, la politique, la culture populaire et la performance deviennent autant de manières de tester ce que peut encore signifier un portrait.
Sources : chateau-montsoreau.com · chateau-montsoreau.com